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En Provence, la chasse est un sport d'équipe, une tradition et un art de vivre. Un chasseur des Alpilles parle du sanglier, de la battue, et de pourquoi rien de tout cela n'est possible sans la confiance.
La Chasse · Les Alpilles
J'ai grandi à la chasse. Je ne m'en excuserai pas. L'humanité s'est développée et affûtée parce qu'elle mangeait de la viande — et la chasse est aussi vieille que l'humanité elle-même.
Mon initiation à la chasse est venue tôt, en Afrique du Sud, où la brousse vous apprend la patience, le respect de l'animal, et une conscience aiguë de tout ce qui vous entoure. Mais chasser en France — et en Provence en particulier — est une tout autre chose. C'est avant tout un sport d'équipe.
Oubliez le chasseur solitaire dans son mirador. Ici, la chasse est un acte collectif, tissé dans le tissu social de la vie rurale, régi par des règles strictes, des coutumes ancestrales, et de nombreux débats bienveillants autour d'un café avant l'aube.
En Provence, notre gibier principal est le sanglier. Ne le sous-estimez pas. Ce sont des animaux rusés et intelligents, dotés d'un odorat qui ferait honte à la plupart des chiens de chasse. Ils sont aussi, quand leur population n'est pas contrôlée, véritablement destructeurs. Une surpopulation dans une zone peut avoir des conséquences dévastatrices pour les agriculteurs et les propriétaires : vignobles retournés, oliveraies ravagées, pâturages ruinés.
Le sanglier n'est pas un participant passif de cet arrangement. Il apprend, s'adapte, et gagne souvent. On chasse dans la vaste garrigue rocailleuse des Alpilles — un paysage de crêtes calcaires, de chênes kermès épais et de vallons profonds qui est autant chez lui que chez nous. Les distances entre chasseurs à leurs postes peuvent atteindre 500 mètres ou plus. Les tirs ne sont pas garantis. Les animaux s'échappent, souvent. C'est ainsi qu'il doit en être.
Le sanglier ne se fait jamais tirer sur la route. Oh non — il se fait tirer dans les fonds de vallée. Le terrain est toujours contre vous.
Chaque chasse a sa hiérarchie et ses rôles, aussi fixes et fonctionnels que toute opération bien rodée. Au sommet se trouve le chef de battue — celui qui connaît le terrain, lit les indices, et assigne les positions avant que quiconque pose un pied dans la nature. Sa parole est définitive.
Les chasseurs se divisent en deux groupes. Les postiers sont les tireurs : ils rejoignent à pied leurs postes assignés — choisis par le chef de battue — et attendent en silence, lisant le vent et la lumière. Les piqueurs, les traqueurs, parcourent le territoire avec des chiens, débusquant les sangliers de leurs gîtes diurnes et les poussant vers les postiers en attente.
Toute la zone est bien balisée. La sécurité est non négociable — ce n'est pas une suggestion ni une réflexion après coup, mais le premier point à l'ordre du jour à chaque briefing. Nous mettons tout en œuvre pour que la chasse soit sûre. Ce n'est pas du tir sportif en galerie. Cela exige discipline, vigilance et confiance entre chaque personne sur le terrain.
Quand un sanglier est abattu, le travail n'est qu'à moitié fait. Un sanglier adulte est un animal lourd et compact, et il n'aura jamais la courtoisie de tomber dans un endroit commode. Le terrain y veille. On attache une corde à la tête de l'animal et on tire — à travers le maquis, à travers les broussailles, en remontant les pentes des vallons. Autrefois, les ânes faisaient ce travail. Maintenant, c'est nous les ânes.
Il y a quelque chose d'honnête là-dedans. L'effort de la récupération fait partie du contrat : si vous prélevez un animal, vous ne le laissez pas là où il est tombé.
Le club de chasse est l'endroit où la journée se termine et où commence le vrai rituel provençal. Les sangliers sont vidés et dépouillés par des mains expertes, puis la viande est distribuée — entre les chasseurs, les propriétaires terriens, les amis et les voisins. Rien n'est gaspillé. Rien n'est accaparé.
La viande de sanglier est une fierté. Elle est sombre, riche et pleine de caractère — le goût d'un animal libre qui a mangé des glands et des racines dans la garrigue. Dans les cuisines provençales, elle devient civet, daube, terrines et ragouts. Elle finit dans ces plats mijotés au vin et longuement cuits qui appartiennent à ce paysage tout autant que la lavande et le thym.
La viande est précieuse. Elle passe par bien des mains avant d'arriver à la table — et chacune de ces mains l'a méritée.
Les Alpilles, Provence · La Chasse
🐸 Marcel says:
Ne portez jamais de bleu pour chasser le sanglier dans la garrigue. Le sanglier ne voit pas le rouge, mais le bleu ressort. Faites confiance aux vieux chasseurs — ils n'ont pas survécu aussi longtemps par hasard.
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