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À quelques kilomètres de Mouriès, un sentier s'enfonce dans les Alpilles — et dans 2 700 ans de silence, gravés dans le calcaire.
Les Alpilles · Mouriès · Provence
À quelques kilomètres de Mouriès, un sentier s'enfonce dans les Alpilles. Suivez-le assez longtemps, et les collines se referment autour de vous — le monde se rétrécit, le calcaire s'élève, et les siècles commencent à se dissoudre.
La marche commence simplement — une piste poussiéreuse qui s'éloigne du golf de Servanes, longe le romarin et le chêne kermès, avec la crête dentelée des Alpilles qui se dresse devant. L'air porte la chaleur sèche de la Provence : thym écrasé sous les pieds, appel lointain d'un monticole bleu niché dans une fissure. Rien encore ne laisse présager l'extraordinaire.


Puis la vallée commence à se rétrécir. Les parois calcaires se resserrent de part et d'autre — pâles, antiques, striées par des millénaires de vent et de pluie — jusqu'à ce que le paysage lui-même semble se pencher sur vous. L'entrée des Caisses de Jean-Jean est presque comiquement étroite, un passage entre les falaises qu'un homme déterminé pourrait défendre avec rien d'autre que du courage et un bon bras. C'est précisément pour cette raison que quelqu'un, il y a longtemps, décida que cet endroit méritait qu'on y vive.
Franchissez ce passage, et le monde s'ouvre à nouveau — mais transformé. Vous êtes maintenant à l'intérieur de quelque chose. Une grande boîte de pierre. Deux crêtes calcaires parallèles s'élèvent de part et d'autre comme les murs d'une cathédrale, se rejoignant à l'est pour former une acropole naturelle. Le mot français caisses — caisses, boîtes — le dit parfaitement : vous êtes au fond d'un récipient sculpté par la géologie et habité par l'histoire.
14 ha
Site antique
700 av. J.-C.
Première occupation
~1 000
Habitants au sommet
Vers le VIIe siècle avant notre ère, à l'âge du Fer, un peuple celte s'installa ici et commença à construire. Ce qu'il créa était un oppidum — un village fortifié de hauteur — l'un des plus intelligemment conçus du sud de la Gaule entière. Ils n'eurent pas à combattre le paysage ; ils le laissèrent combattre pour eux.


La nature avait déjà fourni deux murs imprenables dans les falaises calcaires au nord et au sud. Le génie résidait dans ce que les habitants ajoutèrent à l'entrée ouest — le seul accès non scellé par le roc. Là, ils élevèrent non pas un rempart, mais deux, reconstruits et renforcés au fil des siècles jusqu'à ce que la muraille extérieure atteigne plus de dix mètres d'épaisseur. Les visiteurs qui parcourent le site aujourd'hui rencontrent encore cette masse comme une crête de terre imposante qui semble, étrangement, être une colline naturelle — jusqu'au moment où l'on comprend qu'elle est entièrement d'origine humaine, un colosse de calcaire empilé, de terre compactée et de temps accumulé.
Entre le IVe et le IIIe siècle avant notre ère, les bâtisseurs firent quelque chose de remarquable : ils démantelèrent un sanctuaire plus ancien sur le site et réutilisèrent ses stèles votives gravées comme matériau brut pour le cœur du rempart. Ces pierres — ornées de l'image d'un cavalier portant un javelot, symbole d'un guerrier conduit vers l'au-delà — furent enfouies dans les murs mêmes censés protéger les vivants. Des objets sacrés, reconvertis en mortier. Que ce fût un acte de pragmatisme ou une consécration délibérée des fortifications, nous ne le saurons jamais.
En parcourant le site aujourd'hui, on se retrouve face à ce qui ressemble à une colline naturelle s'élevant entre les falaises — jusqu'au moment où l'on réalise qu'elle est entièrement l'œuvre de mains humaines, un monument édifié génération après génération pendant six siècles.


Devant les remparts, les habitants creusèrent quatre fossés successifs alternant avec des talus de terre, et jalonnèrent l'approche d'une palissade hérissée de rochers saillants. Tout assaillant qui aurait franchi le premier fossé en aurait trouvé un autre, puis encore un autre. L'entrée elle-même était astucieusement orientée de sorte qu'un ennemi ne pouvait jamais charger en ligne droite, toujours exposé aux défenseurs sur les murs au-dessus.
À son apogée, environ un millier de personnes appelaient ce vallon de pierre leur foyer. Les fouilles archéologiques menées entre 1933 et 1942 par Fernand Benoit ont révélé la véritable ampleur de la cité. Le site couvre environ quatorze hectares et aurait pu accueillir près d'un millier d'habitants à son apogée.


Les archéologues ont mis au jour des maisons disposées en terrasses contre les parois rocheuses, leurs murs liés à la terre puis, à mesure que l'influence hellénistique remontait depuis Massalia (Marseille), en calcaire taillé à la manière des Grecs. Des tessons de céramique témoignent du commerce — amphores de vin venues d'Italie, coupes de qualité des colonies grecques du littoral. Ce n'était pas un hameau isolé mais une communauté inscrite dans le commerce de la Méditerranée antique.
Au pied de la falaise sud, une immense meule — plus d'un mètre de diamètre et pesant quelque 1 600 kilogrammes — demeure inachevée dans la roche vive, abandonnée en cours de taille au XVIIe siècle. C'est un détail saisissant : le travail interrompu de quelqu'un qui a posé ses outils un après-midi et n'est jamais revenu. Le temps a cette façon de collectionner les gestes suspendus du passé et de les tenir parfaitement immobiles.
L'établissement perdura près d'un millénaire — de l'âge du Fer jusqu'à l'arc complet de la conquête romaine et jusqu'au IIIe siècle après J.-C., quand les habitants glissèrent progressivement vers la plaine pour occuper les villae romaines qui se déployaient sur la Crau. La hauteur fut abandonnée au vent, à la lavande sauvage, et au travail lent et patient du calcaire.
Debout dans les Caisses aujourd'hui, ce qui frappe le plus n'est pas l'archéologie — c'est le silence. Non pas un silence vide, mais un silence plein, lesté de présence. Les falaises maintiennent l'air immobile. La lumière tombe à un angle qui n'a pas changé en trois mille ans. Et l'esprit, dépouillé de toute distraction facile par la simplicité du paysage, commence tranquillement à peupler les lieux : un enfant courant le long du pied du rempart ; de la fumée s'élevant d'un feu de cuisson ; le bruit d'un marteau façonnant la pierre ; quelqu'un debout à l'entrée de ce vallon étroit, regardant vers l'ouest, observant.
Le nom du site porte sa propre petite histoire. Il vient d'un certain Jehan qui posséda ces terres un jour, et de son fils — également Jehan — après lui. Dans le dialecte local, les « terres de Jehan, fils de Jehan » devinrent simplement Jean-Jean, le nom d'une propriété devenant le nom d'une civilisation. Il y a quelque chose d'assez beau dans cela : un oppidum de l'âge du Fer rappelé non par son ancien nom gaulois — peut-être Tericiae, qui apparaissait jadis sur les cartes romaines entre Aix et le Rhône — mais par le nom d'un paysan médiéval qui venait y faire paître ses moutons.
Les Alpilles ont toujours fait cela — absorbé l'histoire silencieusement, couche après couche, comme le calcaire absorbe la pluie. Un sanctuaire devient un rempart. Un rempart devient une colline. Une colline devient une promenade un après-midi au soleil provençal, avec le parfum des herbes sauvages qui monte autour de vous, et ce sentiment soudain et vertigineux d'être très petit, le monde très vieux, et certains endroits tenant leur passé plus tendrement que d'autres.
Les Caisses de Jean-Jean sont l'un de ces endroits.



Les Alpilles · Bouches-du-Rhône · Provence · Monument Historique Classé 1937 · Parc Naturel Régional des Alpilles
🐸 Marcel says:
Allez-y le matin, avant la chaleur. La lumière à l'intérieur du vallon est extraordinaire à huit heures, et vous aurez presque certainement l'endroit pour vous seul.
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